Bonne année 2012 !
Pourquoi s'obstiner à souhaiter à tout un chacun une « Bonne année » alors que tout le monde s'accorde à dire que 2012 promet d'être une annus horribilis ?
Est-ce pour conjurer le sort ou n'est-ce pas plutôt là un simple usage ?
Le monde est en crise : Crise économique, financière, monétaire, budgétaire, morale, institutionnelle et politique !
Peut-on faire pire ? Non, à part la guerre, je ne vois pas ce que l'on pourrait trouver de pis !
Crise économique :
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Chômage en hausse et qui va continuer de progresser du fait des licenciements qui découleront d'inévitables faillites ou réductions drastiques de coûts, donc d'effectifs, face à des commandes en berne. De plus, en France, on fait peser le coût du système social sur les travailleurs salariés et leurs employeurs uniquement. Nos technocrates de l'ENA nous inventent à foison des systèmes anti-productifs : nous avons connu la Taxe Professionnelle qui était assise sur l'investissement et la masse salariale (pas génial pour espérer développer investissement et emploi !) ; combien d'années ont été nécessaires avant que l'on finisse par corriger le tir ? De nombreuses années d'investissements et d'emplois perdues ! Nous connaissons l'ISF, un impôt qui fait fuir les gros patrimoines à l'étranger où ils investissent au lieu de le faire dans notre cher pays. Nous connaissons les 35 heures et l'affreuse rigidité du Code du travail qui empêchent les gens qui veulent travailler plus de le faire et qui favorisent l'assistanat social dans un contexte où il est déjà plus que développé. Pour autre conséquence, les délocalisations (et donc la désindustrialisation) d'entreprises qui vont chercher ailleurs des coûts salariaux moins élevés. Comparez honnêtement les situations d'un salarié au SMIC qui fait 30 kilomètres par jour, si ce n'est plus, pour aller au boulot et d'un Rmiste qui job pour arrondir ses fins de mois et perçoit en sus des allocations logement, familiale, parent isolé et autres et n'a pas de frais de déplacement (ou ouvre droit aux transports gratuits comme demandeur d'emploi). Franchement ne vaut-il pas mieux ne pas avoir de patron, d'horaires, de contraintes et de fatigue, ne pas être imposable et ouvrir droit à pleins d'avantages sociaux que d'aller se torturer dans les bouchons ou le métro-RER ?
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Inflation qui, malgré les efforts de la BCE pour tenir son cap à 2%, sera de l'ordre de 2,4% pour 2011 (alors, augmentation du taux du livret A à 2,5 voire 2,75% ? Pas sûr.).
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Arrêt des dispositifs d'économie d'impôts qui va nécessairement avoir pour conséquence un ralentissement très sensible dans le secteur de la construction du fait de la mort annoncée des Loi Scellier et autres. « Quand le bâtiment va, tout va !» dit le dicton ! Et, par opposition, « Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va ! »
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Crise sectorielle dans tous les secteurs :
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Primaire : Voilà bien longtemps que notre agriculture ne marche plus qu'à coup de subventions européennes et que nos agriculteurs soient s'échinent à la tâche pour moins qu'un SMIC, soient en sont réduits à abandonner leur profession pour se transformer en citadins chômeurs !
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Secondaire : La France s'est désindustrialisée, contrairement à l'Allemagne qui a produit un gros effort pour améliorer sa productivité et conserver son industrie et, de ce fait, se trouve exportatrice alors que nous sommes importateurs. Les industries qui subsistent en France sont souvent sous drapeau étranger ! Celles qui restent voient leurs produits copiés en Asie et importés puis vendus frauduleusement !
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Tertiaire : Pour l'instant cela va mal dans le secteur médical notamment hospitalier (et là encore les 35 heures y sont pour beaucoup). Hôpitaux en manque de personnel …. mais aussi et surtout de trésorerie, campagnes sans médecins et villes aux médecins smicards ! Les services à la personne se sont développés dopés par les allègements d'impôts qu'ils généraient. Ces derniers supprimés, que restera t'il des premiers ? La France reste certes la première destination touristique, mais le tourisme a lui seul ne saurait suffire à nourrir 65 millions d'habitants !
Crise financière :
Les excès des institutions financières, la permissivité du système boursier (ventes à découvert...) et bancaire (Société Générale...), les escroqueries organisées (Madoff...), les crédits à taux variables non capés adossés à des monnaies étrangères (Franc Suisse...), et le risque croissant de « credit-crunch » (rationnement ou resserrement du crédit).
Crise monétaire, institutionnelle et politique :
L'Euro fête son dixième anniversaire de manière plutôt triste ! Le voilà redescendu de ses cimes à un niveau proche de celui d'origine (1,27 US$ contre 1,1665 US$) ! Très bien pour nos exportateurs, Airbus et Ariane en tête, beaucoup moins bien pour la facture pétrolière ! Une monnaie unique pour 27 pays qui n'ont aucun gouvernement économique commun ! Comment voulez-vous faire tenir le tout ensemble ? Personnellement j'ai toujours été contre l'élargissement de la Communauté Européenne à marche forcée ! Essayez de faire vivre ensemble 27 familles différentes sans leur donner un chef suprême unique ou collégial restreint ! Les États-Unis d'Amérique sont 50 États avec une monnaie unique mais ils ont un gouvernement central, une politique étrangère et économique commune ! Chez nous, en Europe, une monnaie unique certes, mais pas de décision commune sans unanimité ! Et voilà le résultat, tout craquèle car on a voulu mettre un maximum de pays différents dans un système communautaire à marche forcée. L'entrée de la Grèce était une hérésie ainsi même que celle de l'Angleterre qui a toujours eu plus d'affinités avec les USA, ce qui se justifie historiquement. Il eut été plus opportun, à mon sens, d'atteindre une parfaite et totale union entre les membres d'origine, avec une politique étrangère, économique, militaire, financière, fiscale et sociale commune, avant que d'y faire entrer un par un d'autres pays qui en acceptent totalement les règles sans aucune restriction.
Est-ce là l'Europe que voulaient le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer ? Je ne le crois sincèrement pas. La France régresse, elle perd des places dans la compétition mondiale, elle n'est plus inventive, créative. Voici trente ans qu'elle dilapide ses richesses et vit au-dessus de ses moyens ! Il fallait bien qu'un jour l'addition lui soit présentée ! Alors je vous souhaite tout de même une bonne année 2012 en ce sens où j'espère que l'addition soit la moins salée possible pour vous, chers Lecteurs, chers Clients.
Jean-Paul Ternoise
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