Dissensions au sein de la BCE
Mardi, 13 Septembre 2011 07:05
 
«Depuis mai 2010, les Allemands sont contre le rachat de dette souveraine par la BCE». Cette décision de politique non conventionnelle consiste pour la banque centrale à acheter sur le marché des obligations d'État, afin de soutenir leur cours et permettre aux pays attaqués de continuer à emprunter. Mais ce faisant, la BCE rompt avec deux dogmes intangibles aux yeux de l'orthodoxie allemande: elle donne l'impression de cautionner les dérives budgétaires des États et surtout, en monétisant la dette, elle rajoute des liquidités sur le marché, prenant le risque de générer des tensions inflationnistes, alors même que son unique mandat consiste à lutter contre l'inflation. Le chef économiste de l'institution, Jürgen Stark, a démissionné vendredi avec fracas de son poste… trois ans avant la fin de son mandat ! Officiellement pour des raisons personnelles, cette démission marque le spectaculaire désaccord de l'économiste avec la stratégie de la BCE, dont il est un membre influent du directoire.