Le retour du contrat mixte pour préparer sa retraite
Vendredi, 25 Novembre 2011 00:00
Par Jean-Charles Naimi, Agefi Actifs le 25/11/2011

La société Stratégie Euro Prestige va tenter de relancer la formule tant décriée. Son contrat Retraite Epargne Plus propose de mêler garanties vie et décès... mais sur des montants limités

Attention, ce contrat « n’est pas adapté à une épargne ponctuelle ou régulière, même sur le long terme dans un autre cadre que celui de la retraite ». Il ne s’agit pas là d’un commentaire d’observateurs mais d’une mention insérée en fin de bulletin d’adhésion de Retraite Epargne Plus. L’objectif de son concepteur, la société Stratégie Euro Prestige, et de l’assureur du produit, Assurance Epargne Pension (groupe BNP Paribas Cardif), est tout simplement de « réinventer l’assurance vie mixte qui n’avait pas évolué depuis 40 ans ». Il convient à présent de convaincre les distributeurs constitués par des réseaux de mandataires ou de groupements d’indépendants, les mécanismes du produit n’étant pas forcément simples à appréhender.

Plan d’épargne programmée.
A la base, le contrat propose des versements libres au minimum égaux à 40 euros pour le versement initial et à 500 euros pour les versements complémentaires. Ces derniers supporteront des frais de 4,85 % maximum. Au moment de la souscription, l’assuré s’engage aussi à mettre en place des versements programmés d’un montant minimum compris entre 40 euros et 300 euros par mois qui seront indexés sur un taux fixe de 2,5 % pendant toute la durée d’engagement des cotisations à compter de la troisième année. Dans le cadre de cette fenêtre de versements programmés, les frais de 4,85 % sont ramenés à 0 %.
Pendant une période de paiement, correspondant à la durée restant à courir entre la date de souscription et le 62e anniversaire de l’assuré, la totalité des versements programmés est affectée pour partie au paiement d’une garantie de prévoyance - la Garantie Protection Plus - et pour partie au paiement d’une garantie de retraite - la Garantie Complémentaire Retraite Plus (lire l'encadré). Au-delà de cette période, la totalité des versements programmés alimenteront l’épargne (fonds en euros ou en unités en compte). Au cours de cette période de paiement, la valeur de rachat sera bien entendu quasi inexistante.

Valorisation exceptionnelle de l’épargne et couverture décès.
La Garantie Complémentaire Retraite Plus entraîne une augmentation de l’épargne au 62e anniversaire de l’assuré dont le montant sera égal aux attributions mensuelles provenant de la rétrocession des frais de gestion administrative à hauteur de 50 % (soit 0,54 % du 1,08 % annuel). Bien évidemment, l’interruption du programme de versements remet en cause le mécanisme de manière plus ou moins importante selon qu’elle intervient pendant la période de paiement ou non du coût de la garantie.
De son côté, la garantie Protection Plus permet aux bénéficiaires du contrat de percevoir un capital supplémentaire à la valeur de rachat équivalent à 20 % du cumul des versements programmés - dans la limite du montant maximal de 300 euros (1). Il s’agit d’une garantie décès toutes causes, sous réserve des exclusions assez classiques, accessible sans questionnaire de santé, « d’où sa limite en montant », explique le concepteur du produit. Cette garantie facturée selon une tarification spécifique cesse notamment en cas d’interruption du paiement pendant sa période de règlement ou au 62e anniversaire de l’assuré. « En prévoyant un financement de la protection familiale dès les premières années, le contrat réduit considérablement le risque d’impayé, ce qui aurait comme conséquence de faire perdre la garantie au souscripteur », justifie le président de Stratégie Euro Prestige, Pierre-Yves Esclapez.

Un contrat atypique.
Bien que multisupport, multigestionnaire et permettant d’accéder à une gestion par horizon, le contrat est aux antipodes des formules à versements et retraits libres classiques. Nul doute qu’il sera décrié par les puristes de l’épargne, le mélange des garanties vie et décès étant passé de mode. Le côté boîte noire du financement des couvertures et la faiblesse du niveau des garanties de prévoyance ne plaident pas non plus en sa faveur. Reste qu’il conviendra à des réseaux ayant besoin de se rémunérer sur des primes périodiques faibles.
Compte tenu de la conjoncture, il ne serait pas étonnant de voir ce type de formule se développer.

(1) Sans prise en compte de l’indexation.