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| Martinique : Chez nous, le pétrole et le gaz RESTENT AU FOND DE L'EAU |
| Mardi, 13 Septembre 2011 00:00 | |||
Source : Cécile EVERARD France-Antilles MartiniqueUne société américaine s'intéresse depuis plusieurs années aux richesses de nos sous-sols marins. Après la délivrance d'un premier permis aujourd'hui expiré, RSM demande maintenant son renouvellement. Mais le verdict de l'administration se fait attendre...Des milliards de mètres cubes de gaz naturel en réserve dans la zone économique exclusive de la Martinique : c'est tout à fait possible. C'est même suffisamment probable pour qu'une société américaine, RSM Production Corporation, une filiale de Grynberg Petroleum basée dans le Colorado, ait envie d'aller y « forer » son nez depuis de nombreuses années... Ce n'est pourtant pas demain que la Martinique volera la vedette à la Guyane aux journaux du soir.
Car, depuis 2009, l'administration n'a toujours pas statué sur la nouvelle demande de permis de recherche d'hydrocarbures déposée par RSM.
Pourtant, le feuilleton martiniquais a débuté il y a plus de 10 ans pour la société.
En 2000, elle a déposé une première demande auprès des autorités. Le 5 août 2004, RSM est parvenue à ses fins : le ministère de l'Industrie lui a accordé un permis exclusif de recherche pour 5 ans.
Selon les spécialistes, c'était la première fois qu'un permis de ce type était délivré en Martinique. Cette nouvelle est pourtant passée inaperçue, au point que de nombreux élus l'ont appris seulement en lisant France-Antilles, quelques mois plus tard.
Le « permis de Caravelle » autorisait alors RSM à explorer une superficie d'environ 24 000 mètres carrés. La société était libre de lancer une campagne sismique afin d'échographier le sous-sol et, éventuellement, de lancer les premiers forages d'exploration. RSM promettait de débuter les campagnes sismiques dès 2006. Seulement, jusqu'à expiration du permis, pas un seul navire n'est venu pointer le bout de sa proue dans nos eaux.
À l'époque, Jack Grynberg, le PDG de Grynberg Petroleum, nous expliquait qu'une des raisons de ce retard était le manque de disponibilité des navires spécialisés dans la zone.
En 2006, la RSM rencontrait aussi quelques réticences de la part de la DRIRE (Direction régionale de l'Industrie, aujourd'hui DEAL) du point de vue de l'environnement : les campagnes sismiques ont une fâcheuse tendance à déranger les tortues et les baleines dans leur vie quotidienne.
Pschitt
Quoi qu'il soit, RSM a dû, en 2009, déposer une demande de renouvellement de permis, mais cette fois-ci sur la moitié de la zone de départ, comme l'y obligeait la loi.
La nouvelle demande se fait désormais sur 10 500 km2 et elle est toujours en cours d'instruction dans les bureaux du ministère de l'Industrie. Aucune raison n'a pour l'instant été avancé par le ministère quant à ces délais. Selon nos sources, il s'agit de « procédure difficiles » , car il s'agit « d'une zone qui n'est pas du tout explorée » . En théorie, une fois la demande reçue par le ministère, elle doit ensuite descendre au niveau local, donc au préfet. Seulement, selon la DEAL, à Fort-de-France : « aucun dossier n'est en instruction actuellement » .
Pour l'instant, c'est donc surtout les velléités de RSM, plus que le gaz, qui font pschitt en Martinique.
![]() RSM Production corporation s'est vu délivré un permis, dit « de Caravelle » en 2004, sur 24 000 km2. (en vignette).
La demande de renouvellement de permis, datant de 2009, porte sur seulement 10 500 km2, comme la loi l'impose.
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