La fin d'un cycle ne fait plus guère de doute
Vendredi, 18 Juillet 2008 01:00

La fin d'un cycle ne fait plus guère de doute
Par Pelagie Terly - Agefi Actifs le 18/07/2008

Les prix des logements n’augmentent plus mais se stabilisent sur la première partie de l’année, confirmant ainsi le scénario de l’atterrissage en douceur. Dans une période de changement des conditions de crédit et de doute entre pronostics de stagnation et de baisse des prix, le nombre de transactions a reculé

Après une forte augmentation des prix de l’immobilier puis un ralentissement de la hausse, le marché se stabilise désormais. Les notaires ne constatent pas pour le moment de baisse marquée des prix et la Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim) indique une stabilisation sur le premier semestre et une progression de 1,7 % sur un an (voir graphique). Mais les conditions favorables de crédit, qui avaient soutenu le marché haussier, sont désormais modifiées. En effet, l’attitude des établissements prêteurs a changé, entraînant une augmentation du taux de refus de crédit. Les difficultés de financement des banques et la hausse des taux d’intérêt pèsent désormais sur la solvabilité des ménages. « Il y a un moment où les biens deviennent trop chers et où les acquéreurs ne peuvent plus faire de concessions, ils font donc pression pour une baisse des prix », estime Olivier Eluère, économiste au Crédit Agricole. Pour certains, les prix vont rester stables ou se réduire très légèrement, sauf événement extérieur. Mais pour d’autres, la baisse est déjà ressentie, les prévisions allant jusqu’à une diminution des prix de 5 % cette année et de 15 % sur deux ans. Dans ce contexte troublé, les acquéreurs attendent. En témoigne la réduction des transactions qui n’étonne pas vraiment les professionnels considérant que le marché doit digérer les fortes hausses de ces dernières années. En France, il n’est pas question d’une crise comme celle actuellement observée aux Etats-Unis, ou celle des années 90, mais le cycle touche tout de même à sa fin. Même si, pour Serge Redon, directeur du réseau d’agences immobilières L’Adresse, « le marché de l’immobilier ancien est durablement porteur. Il reste soutenu par un critère fondamental qui ne peut se retourner brutalement : la démographie ». Sur le logement neuf, la situation est plus préoccupante, les ventes ayant fortement baissé, et ce notamment en raison d’un retrait plus important que prévu des investisseurs. A fin mars, 3.000 logements achevés étaient encore invendus et des baisses de prix sont encore possibles sur ce stock.