C’est une question qui vient souvent à l’esprit des clients que nous rencontrons pour qui l’appréhension au risque est du domaine de l’allergie. La prise de risque en matière d’investissement financier n’est pas encore bien ancrée dans la culture française. Les placements sans risques tels que le livret A ont encore de beaux jours devant eux même si l’inflation vole le pouvoir d’achat année après année aux malheureux épargnants. Certes il faut malgré tout avoir une épargne liquide en cas de coup dur tout en ayant conscience que c’est au détriment du pouvoir d’achat. Reste encore nos bons vieux contrats d’assurance vie avec le fameux « fonds Euro » dont le rendement s’érode un peu plus chaque année mais qui reste une valeur sécuritaire aux yeux des Français. En effet, l’effet cliquet cumulé à l’assurance d’obtenir une rémunération garantie rassure le client.

Le fonds en Euro

Mais est-ce si garanti que cela en a l’air ? En connaissez-vous le fonctionnement ? Connaissez-vous la composition d’un fonds en Euro ? Connaissez-vous la composition du fonds en Euro de votre contrat d’assurance vie ? Pensez-vous être à l’abri d’une crise économique ?

Et si je vous disais qu’avec ses 1700 milliards d’euro de capitaux, le fonds en Euro des contrats d’assurance vie représente le placement le moins intéressant qui soit à l’heure actuelle ?

Un tel fonds est composé en général à 80% d’obligations d’États dont PIIGS et privées, 10% d’actions, 8% d’immobilier, un peu de monétaire….. Non la poche « actions » n’est pas vraiment un problème. C’est même en partie la solution et le support vers lequel il faut orienter son épargne régulière pour obtenir du rendement. Le vrai problème se situe dans les obligations d’États composants le fonds Euro de votre contrat d’assurance vie. Et surtout des obligations de l’État Français, Italien…. Pensez-vous que l’économie de ces pays soit au beau fixe ? La croissance y est atone, les salaires faibles, les entreprises françaises sont noyées sous l’administratif nuisant à la compétitivité et croulent sous l’impact fiscal. Les retraites ne sont pas du tout assurées, le taux de chômage élevé (la réduction du taux de chômage est une des solutions au problème de retraite), la dette est supérieure à 100% du PIB, l’incertitude actuelle ne présage pas un avenir radieux mais l’épargnant Français prête volontiers son argent à cette économie en danger sous la forme des fonds Euro des contrats d’assurance vie véhiculant des obligations d’État. Un État peut-il faire faillite ? Une économie peut-elle s’effondrer ? Le raisonnement est paradoxal pour des investisseurs qui recherchent la sécurité avant tout mais qui investissent sur des obligations d’États à risques à travers le fonds €. Vous n’êtes plus sur le bon support.

En Gestion de Patrimoine, avant de réfléchir vers quels supports d’investissement diriger ses économies, il faut aussi se poser la question vers quels supports il ne faut surtout pas s’orienter. Les fonds Euro des assurances vie font partie des supports aujourd’hui à éviter…car vos capitaux sont plus à risques que vous ne le croyez ! Les temps changent et l’allocation d’actifs est nécessaire du fait de l’évolution de l’économie européenne et mondiale.

La diversification

Alors comment investir vos capitaux aujourd’hui ? Vers quels supports diriger votre épargne ? Votre contrat d’assurance vie n’est pas à remettre en cause tant cet outil véhicule bien d’autres avantages notamment en matière fiscale et successorale… Toutefois, la manière dont nous investissons à l’intérieur du contrat est à revoir. En effet, à côté du fonds Euro des contrats multisupports existe les fonds UC (Unités de Compte) dans lesquels vous pourriez investir une grande partie de votre épargne (selon votre aversion au risque). Il s’agirait alors de diversifier géographiquement et sectoriellement votre épargne pour bénéficier de rémunérations plus attractives sur les marchés financiers en suivant des principes simples. La diversification présente de multiples avantages notamment celle de réduire le risque contrairement au fonds € dans lequel vous subirez l’effondrement de l’économie. Le risque étant composé du risque de marché (30%) et du risque spécifique (70%), vous pouvez diluer et diversifier le risque spécifique (lié à un secteur comme par exemple l’automobile) avec un investissement sur plusieurs OPC (Organismes de Placements Collectifs) ou SCPI.

Exemple de diversification permettant de diluer le risque

  • Vous êtes investis sur 2 valeurs. L’une d’elle s’écroule, vous avez perdu 50% de votre investissement.
  • Vous êtes investis sur 10 valeurs. L’une d’elle s’écroule, vous avez perdu 10% de votre investissement.
  • Vous êtes investis sur 20 valeurs. L’une d’elle s’écroule, vous avez perdu 5% de votre investissement.

Vous comprenez alors tout l’intérêt de panacher, diversifier votre investissement sur divers OPC et de suivre régulièrement vos avoirs avec une personne qualifiée (CGP des cabinets en gestion de patrimoine par exemple…) afin de réallouer vos actifs en fonction de l’évolution de l’économie. Le suivi est ce qu’il y a de plus important. Faîtes vivre votre contrat d’assurance vie pour être acteur de la structure de votre patrimoine plutôt que de subir passivement la gestion de votre contrat.

L’investissement programmé

Autre démonstration, celle de l’investissement régulier (voir programmé) vers le compartiment unités de compte afin d’optimiser votre performance contrairement au fonds Euro sur lequel vous ne pouvez pas agir et dont les performances s’érodent chaque année un peu plus par le simple fait que les paquets d’obligations à maturité 10 ans et rapportant autour de 4% sont remplacées par des obligations nouvelles aux performances moins reluisantes faisant automatiquement baisser la moyenne. Par conséquent les rendements s’effritent, s’érodent chaque année.

La performance moyenne 2018 affiche fièrement 1.50% net de frais de gestion mais brut de fiscalité. La moyenne de 2019 est de 1.40% net. Retranchez 17.20% de prélèvements sociaux à cette performance, déduisez l’inflation respectivement de 1.80% en 2018 et 1.10% en 2019 et il ne vous restera que vos yeux pour pleurer. Vous serez sûrement en taux négatifs. C’est ce que vous appelez un placement sûr et rentable ?

Exemple de l’efficacité d’un investissement régulier (ou programmé)

Vous investissez tous les mois 500€ sur les marchés financiers.

Un titre, une part d’OPC vaut 500€ par exemple, vous achetez 1 titre donc vous investissez 500€.

Quelques jours plus tard, le titre perd 50% de sa valeur et ne vaut plus que 250€. Vous continuez d’investir 500€ donc vous achetez 2 titres (2 x 250€).

Pas de chance, D.Trump a tweeté et votre titre ne vaut plus que 100€. Vous continuez d’investir 500€ (5 x 100€).

Xi Jinping et Trump trouvent un accord commercial et le titre s’envole à nouveau vers 500€.

500€ x 1 titre = 500€.

500€ x 2 titres (250€) = 1000€ investis au total.

500€ x 5 titres (100€) = 1500€ investis au total.

Au total, vous détenez 8 titres dont le cours actuel est 500€ soit 4000€ (8 x 500€) de capital pour 1500€ d’investissement, sacré culbute !!!

La plus-value de 2500€ (4000€ – 1500€) représente :

  • 166,67% sur 1 an,
  • 63,29% par an sur 2 ans,
  • 38,67% par an sur 3 ans,
  • 27,78% par an sur 4 ans,
  • 21,67% par an sur 5 ans,
  • 10,30% par an sur 10 ans.

Votre fonds € peut-il en dire autant avec 1.50% net hors PS et inflation ?

Comment est-ce possible ?

Tout simplement par le fait d’avoir continué à investir dans un marché baissier. Vous avez fait baisser votre prix de revient de 500€ à 187.50€ (1500€ / 8 titres). Ce qui signifie que lorsque le titre est remonté au-delà de 187.50€ vous avez commencé à gagner de l’argent. Si vous n’aviez pas réinvestis, votre prix de revient serait toujours resté à 500€.

Sur ces faits et afin de trouver des alternatives :

  • aux risques de faillites des États impactant les fonds €,
  • à l’érosion des taux obligataires qui fait que le rendement baisse régulièrement,

Désinvestissez votre fonds € avant qu’il ne soit trop tard pour réorienter vos capitaux vers le fonds UC (Unités de Compte) de votre contrat d’assurance vie. Le compartiment UC, selon les contrats, permet d’investir sur des devises, des titres vifs, l’immobilier, autres obligations, autres zones géographiques….avec des performances autrement plus intéressantes. De plus, vous pouvez envisager alors de mettre en place une véritable stratégie de retraite, succession, capital pour investir le moment venu, rente viagère… Vous devenez avec le fonds UC « acteur » de vos finances plutôt que de subir la gestion passive de votre fonds €. Et les gains sont autrement plus alléchants…

Quelle stratégie sérieuse pouvez-vous mettre en place avec des rendements qui oscillent autour des 1% / an ? La somme de 100 000€ placée à 1% sur 20 ans vous donnera 122 000€ alors que corrigé de l’inflation, les 100 000€ actualisés représentent 112 259€ (inflation cumulée 12.30%). Le gain réel ne serait que de 9 741€, sans tenir compte de la fiscalité et des prélèvements sociaux.

Pouvez-vous envisager l’avenir sereinement et modifier réellement l’architecture de votre patrimoine avec des performances aussi médiocres ? Sortez du fonds € !