Tout se paie un jour ou l’autre !

Les excès de l’humanité contre son environnement naturel engendrent désormais de plus en plus de réaction de la part de ce dernier ! Car je suis personnellement certain qu’il y a une relation directe entre le réchauffement climatique et cette pandémie qui n’est probablement que l’une des premières du genre.

Je suis heureusement loin d’être le seul à penser cela : je citerai Laurence Tubiana, titulaire de la chaire Développement durable à Sciences Po Paris et directrice de la Fondation européenne du climat, qui estime qu’il faut « tirer les leçons » de cette pandémie de coronavirus. Pour elle, cette crise est en lien direct avec nos modes de vie et l’écologie. Dans une interview publiée par Ouest-France le 19 mars, elle déclare ceci : « Il est important de rappeler que le Covid-19 est une zoonose, une maladie issue du monde animal. Sa propagation a été rendue possible par nos modes de vie. L’extension de l’habitat humain, la déforestation, l’artificialisation des sols, provoquent de plus en plus d’interactions entre l’espèce humaine et le monde sauvage. En 2016, le Programme des Nations unies pour l’environnement a conclu à une forte augmentation des zoonoses. 31 % des épidémies telles que les virus Ebola, Zika et Nipah sont liées à la déforestation. Avec le réchauffement climatique, la grippe n’est déjà plus saisonnière dans les tropiques. Le dérèglement climatique, directement lié aux émissions de gaz à effet de serre de l’activité humaine, est un vrai multiplicateur de menaces. »

« Le confinement pourrait sauver plus de vies grâce à la réduction de la pollution que le virus lui-même n’en menace », a déclaré François Gemenne, directeur de l’Observatoire Hugo, qui étudie les interactions entre les changements environnementaux, les migrations humaines et la politique. « Curieusement, je pense que le bilan du coronavirus pourrait être positif, si l’on considère les décès dus à la pollution atmosphérique », poursuit-il, citant, par exemple, les 48 000 personnes qui meurent chaque année en France à cause de la pollution atmosphérique et les plus d’un million en Chine. Les scientifiques estiment le nombre de décès dus à la pollution atmosphérique aux États-Unis à plus de 100 000 par an, et l’Organisation mondiale de la santé estime le bilan mondial à 7 millions.

La crise du coronavirus : un remède à l’horizon

La crise du coronavirus est de nature accidentelle, inhérente au développement de la vie sur terre : un virus, une maladie. Elle fut soudaine et imprévisible. Les experts nous alertaient bien, en termes vagues : « C’est certain que nous ferons face à une pandémie sanitaire mais on ne peut vous en prédire la nature, l’ampleur ni quand elle se produira ».

Elle frappe fort en ampleur et tous les pays en sont ou seront atteints. Elle aura certainement pour conséquence des ravages humains en Afrique. Par contre, elle s’inscrit dans un temps court même si le confinement nous apparaît long. Elle trouvera une solution définitive, sécuritaire, dans un an, un an et demi. La science nous l’assure, on doit attendre le vaccin. On prédit aussi un certain retour à la « normale » au plan économique, notre « normale » d’avant la crise ?

La crise du climat : une fois le pic atteint, il sera trop tard, définitivement

La crise du climat quant à elle, s’inscrit dans un temps long et a été annoncée depuis quelque 50 ans. Elle n’est pas un accident de la nature, elle résulte de l’activité humaine, on pourrait dire de l’aveuglement volontaire parce que cela nous servait à court terme. Ainsi, on a mis en place tout un système économique qui soumettait la nature sans en respecter les rythmes naturels.

Coronavirus et économie

Les récessions surviennent habituellement pour corriger des déséquilibres antérieurs ; un surendettement initial, par exemple, comme ce fut le cas en 2009, dernière grande crise économique. Mais la situation actuelle est très différente : les économies entrent brutalement en récession à la suite des restrictions à la mobilité des personnes.

D’après une toute récente étude de Lauri Myllyvirta, analyste du CREA, basée sur des indicateurs comme la production électrique, la récession aurait déjà provoqué un recul de 200 millions de tonnes des émissions de CO2 en février (- 25 %)… soit l’équivalent des deux tiers de ce que la France émet en un an ! Dans ce contexte, la Chine, à l’origine de 27 % des émissions mondiales, devrait connaître en 2020 une diminution de ses émissions d’une ampleur inédite. Et lorsqu’une partie de l’outil productif de la première puissance économique mondiale, la Chine, s’arrête, c’est une véritable bouffée d’air pur pour l’atmosphère. Les satellites de surveillance de la pollution de la NASA et de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont ainsi détecté des diminutions importantes des concentrations en dioxyde d’azote (NO2) au-dessus de la Chine.

Puis c’est au tour de l’Europe, et plus spécialement en Italie, en Espagne et en France où les niveaux de pollution décroissent significativement.
Lorsque les déplacements pendulaires (domicile <-> travail) et que l’activité économique s’interrompent, c’est une véritable bouffée d’air pur pour l’atmosphère terrestre.